Mardi 29 décembre 2009 2 29 /12 /Déc /2009 10:49

Dark by Flore stock

Disclamer : L'histoire et les personnages m'appartiennent.

Rating : K+

Encore un très vieux texte sortit des méandres de mon ordinateur.


 

 

Sans doute que le Temps n’est pas toujours le maître. Le fil des jours endort la douleur, mais il arrive quelques fois que les minutes suspendent leur course sans raison, et là on se rend compte des gouffres de son âme et plaies de son cœur. Parfois, dans ses moments creux, je sais, je sens. Tout est clair, si lumineux.

 

Ma tête repousse le souvenir mais mon cœur ne renie rien. Pour lui rien n’est souvenir, rien n’appartient au passé parce qu’il aime encore, avec la même force inutile qu’avant, et ce que je croyais derrière moi devient mon présent et mon futur. Je ne trouverais jamais la paix.

 

Il me manque l’être à qui donner cet amour, il me manque sa peau, le son de sa voix, la douceur de ses regards sur moi, il me manque une raison de tourner la page, une meilleure raison que sa mort. IL me manque. Et j’ai beau tout faire comme tout le monde, c’est toujours là, tapis tout au fond, et j’ai mal à en crever. Et je l’aime. Je l’aime… 

 

Je tourne en rond avec sa photo dans ma main et dès que ma vue se brouille, je l’enferme dans un tiroir, je passe de l’eau fraîche sur mon visage, je mets de la musique qui sent le soleil et les vacances, je souris à mes gosses. J’ai mis la table sans pouvoir me souvenir l’avoir fait, la tête ailleurs, je suis un automate avec un cœur qui saigne.

 

Je maudis tous ces gens qui me sermonnent à la moindre lueur dans mes yeux, leurs voix pleines de reproches répétant en boucle que je dois me remettre, que je ne peux pas vivre dans le passé, que je dois avancer. Certains osaient dire que je devais « refaire ma vie », mis ils ne le font plus. Je sens des flammes de haine brûler mon regard à ces mots, et sans doute que le brasier est si fort qu’il se reflète dans mes yeux, parce qu’ils se taisent, un éclair de peur et de confusion au fond des leurs.

 

J’aimerais leur faire peur ainsi plus souvent, qu’ils me laissent vraiment, seule avec mes enfants. Pourquoi n’ai-je pas le droit de pleurer l’homme que j’aime ? Pourquoi faut-il toujours paraître forte et enfermer mon amour dans un coin de ma tête ?

 

Renier ce qui a fait ma vie pendant tant d’année m’étouffe. Je coule. Et je m’agrippe sans trop savoir comment ni pourquoi. Je regarde mes enfants et je nous vois en eux. Si je ferme les yeux, si j’invoque son sourire, alors le monde reprend un instant ses couleurs. Quand je le retrouve sur leurs lèvres, l’existence me parait plus supportable mais mes paupières se verrouillent d’elles-mêmes pour convoquer son souvenir. Le retenir.

 

Alors je vie les yeux fermés, même lorsqu’ils sont ouverts. Mes sourires et mes rires ne sont que pour lui et je trompe mon monde, joue la comédie du temps qui passe et efface, musèle la douleur. Et ils sont aveugles. Aveugles.

 

Personne n’entend un cœur qui saigne.

 

 

 

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